Réunis par la musique

La salle Pierre Brasseur a ouvert ses bras au public pour une soirée musicale exceptionnelle ouverte par Emilie Loizeau. Irina Brook avait imaginé un espace festif, dans une ambiance cabaret : la scène s’est couverte de tables, de chaises et petits canapés, les invités se sont installés face aux musiciens. Emilie Loizeau a fait son apparition dans une petite robe noire. Elle rend hommage à ceux que Paris a perdu, et réaffirme le sens de l’art, celui de réunir les gens. Dès les premières paroles de sa chanson, Fais battre ton tambour, qu’elle a interprétée a capella, on suspend le souffle. « Je sens ma vie qui s’écroule… et je vais la chanter », fait planer la voix de cette artiste à la fois ingénue et grave, qui aime puiser au fond de l’âme la matière de ses compositions. La vie qui s’écroule, et pourtant… Les événements de Paris sont encore si proches. Et au sein du festival Réveillons-nous, ces paroles font aussi écho à ce monde rongé de maux, qu’il faudrait chanter à nouveau. « J’ai une pensée pour tous les gens que nous avons perdu, et pour tous ceux qui ont été touché par ce drame. Quoi de mieux que de chanter et de faire de la musique, pour penser à demain, et à un monde meilleur », confie la chanteuse, émue. Et c’est ce qui se passe ici, sous la coupe du Théâtre de Nice, dans des moments de magie comme celui-ci.

 

Emilie Loizeau avait lancé, en 2013, le concept le Slow Tour, une tournée 100 % écologique, dans les Cévennes. Elle était allée de lieux en lieux à pied et à cheval, pour une transhumance à zéro émission carbone. C’est donc un autre concert atypique, très convivial, que la chanteuse donne au Théâtre de Nice ce soir où les codes de la scène sont réinventés puisque le public et les artistes se partagent la scène.

Seule au piano, l’artiste franco-britannique se lance ensuite dans une chanson qu’elle joue en public pour la première fois, et que l’on retrouvera dans son prochain album. La proximité avec les invités permet ce partage singulier, cette intimité. « Et même la Terre parfois, se noie », chante Emilie Loizeau. Mais « Où est-il, l’autre bout du monde » ? Il est un peu là ce soir, dans ce lieu qui cultive les émotions et réunit les gens. Des grappes d’enfants se faufilent entre les tables, au milieu des jeunes et des moins jeunes, entre les assiettes qui émanent du buffet bio.

Les musiciens de Coaraze de l’association Girou Me Lou Vielh ont pris le relai pour animer une fête musicale aux sonorités de la mandoline, de la guitare, des percus et du balafon… Une ambiance enjouée qui nous a entraîné loin dans la nuit !

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