Moment privilégié avec Claude Lorius

 

Suite à la projection du Secret des glaces, réalisé par Luc Jacquet, un court-métrage qui conte l’aventure scientifique de Claude Lorius, une discussion animée s’ensuit avec le glaciologue de 83 ans. Son esprit vert et sautillant ne manque pas d’impatience : « C’est bien beau de savoir tout ça, mais maintenant, qu’est-ce qui va arriver ? », questionne celui a consacré sa vie à la recherche, et dix bonnes années à alerter les politiques. Désormais, il faut agir. La balle est dans le camp de l’humanité.©Gaëlle Simon

 

« Je pense qu’on est sur le bon chemin. Il y a une sensibilité du citoyen. L’idée de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique est reconnue. Et l’engagement des politiques internationales est finalement récent. Je suis confiant. »

 

Rivé vers les générations futures, Claude Lorius garde un cap qui ne s’embarrasse pas de discours. La Conférence des Parties doit aboutir à des décisions contraignantes pour les Etats. Des avertissements qui rejoignent ceux de la communauté scientifique ont été lancés depuis une vingtaine d’années par des philosophes tels que Hans Jonas, Cornelius Castoriadis, ou aujourd’hui Paul Ricoeur, ou Vaclav Havel.

 

« Sans révolution globale de la sphère de la conscience humain, rien ne peut changer positivement même dans la sphère de l’existence humaine, et la marche de notre monde vers la catastrophe sociale, écologique, et culturelle est irréversible. »

Vaclav Havel, Allocution devant le congrès américain, 1991.

Dépoussiérons le « principe responsabilité », dont parlait déjà Hans Jonas en 1979, avançant une responsabilité devant l’avenir, pour autrui. Si seulement il pouvait motiver la prise en compte de l’écologie, comme souci de la Terre, au fondement de toutes les décisions. Ne faut-il pas tenter de contrer la prophétie de Hans Jonas, selon laquelle l’homme pourrait devenir un ennemi pour l’homme ? Pour ne parler que de lui…

Photos ©Gaëlle Simon

 

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